Métier équestre : le cavalier professionnel

cheval pie de haut niveau

Cavalier professionnel, ça fait rêver de très nombreux cavaliers ! Mais c’est quoi en réalité un cavalier pro ? On  va tenter de vous éclairer !

 

Les tâches habituelles d’un cavalier professionnel

cavalier de spectacle
Source : Thomas Bresson in Commons Wikimedia

Ici soyons clair, on parle de la théorie ! Voici les tâches “normales” d’un cavalier professionnel qui ne serait que ça ! Cela vaut pour toutes les disciplines, du sport au spectacle !

Il a donc à gérer un paquet de chevaux :
-le débourrage de ses chevaux
-organiser le programme de chaque cheval
-le travail à pied et monté
-valoriser les chevaux en compétition / assurer les sorties en spectacles
-gérer les relations avec les propriétaires
-assurer les essais des chevaux en vente

Voilà les tâches théoriques d’un cavalier professionnel !
Le cavalier de spectacle aura en plus des tâches spécifiques, il doit trouver des financements, gérer les tournées, démarcher des événements plus ou moins gros pour se faire connaître … Pas facile !

Comment devenir cavalier professionnel ?

enfant cavalier
Source: Pxhere

Ici pas de diplôme magique ! Mais il y a des choses à avoir en tête avant de vouloir devenir cavalier professionnel.

Voilà déjà les impératifs :
-avoir un excellent niveau en équitation, bien au dessus de la moyenne
-des résultats en compétitions (et pas en niveau club !) / de l’expérience en spectacles
-être capable de monter tous les types de chevaux
-très bon instinct, “sens du cheval”
-très bon relationnel
-être très sportif (il faut pouvoir enchaîner les chevaux !)

Le BPJEPS qui permet de devenir moniteur d’équitation n’ouvre aucune porte et n’a pas de valeur sportive malgré son intitulé ! Un très bon enseignant n’est pas forcément un bon cavalier professionnel !

Un diplôme: le DEJEPS mention “perfectionnement sportif”

sports hippiques
Crédit : les Ecuries d’Abako

Le DEJEPS mention «perfectionnement sportif» peut être un très bon outils afin de vous aider à vous faire reconnaître.

Il existe en 4 mentions :

  • Dressage,
  • Concours de saut d’obstacles,
  • Concours complet d’équitation
  • Polo

Ce diplôme permet de montrer certaines compétences pour la discipline choisie :
-concevoir des programmes d’entraînement
-les mettre en oeuvre
-former et travailler un cheval pour la compétition au minimum à niveau amateur
-savoir organiser une compétition
Et des compétences générales :
-assurer le suivi et les soins des chevaux à charge
-assurer des formations et du tutorat

Les conditions d’accès sont spécifiques à chaque disciplines, donc rendez-vous sur le site des Haras pour plus d’infos.

La réalité du métier de cavalier professionnel

cavalier prpfessionnel de dressage
Source : Pôle Equestre Carlos Pinto pour Commons Wikimedia

 

Des cavaliers souvent issus de familles déjà dans le cheval

famille de cavaliers
Source : L.Perrin pour Commons Wikimedia

La grande majorité des cavaliers professionnels sont issus du milieu, avec des parents déjà professionnels du cheval. On peut citer Patrice Delaveau et sa fille Valentine qui suit son exemple ! Lui-même issu d’une famille d’éleveurs et de cavaliers, il a transmis sa passion à sa fille. Cela permet de commencer très tôt la pratique de l’équitation. En outre les moyens matériels (écuries, chevaux de qualité, grooms, équipements…) sont déjà là. De ce fait, un jeune issu de ce monde aura déjà de très bons résultats très tôt, et un nom connu qui lui permettra d’avoir de très bons chevaux à monter et donc d’accéder aux plus belles épreuves.

Toujours dans le CSO il y a par exemple la famille belge Philippaerts. Ludo Philippaerts, le père est lui-même fils d’un cavalier. Il a mené une très belle carrière internationale jusqu’en 2015 en partageant les terrains de concours avec ses fils jumeaux Nicola et Olivier, qui concourent tous les deux au plus haut niveau. Anthony et Thibault  les deux plus jeunes concourent également sur les plus beaux concours suivant l’exemple de leurs frères !

Des cavaliers vraiment très très doués peuvent arriver à percer

kevin staut
Source : Fanny Schertzer pour Commons Wikimedia

Citons par exemple Kevin Staut, l’un des meilleurs cavaliers de CSO français. Contrairement à son ami Patrice Delaveau il n’est pas issu de ce monde.

Son grand-père lui a acheté son premier poney Sauvageon, à l’âge de dix ans. Il a alors pris part à quelques concours de saut d’obstacle. Et son talent naturel s’est révélé. Sa famille décide de lui faire intégrer l’écurie des Delaveau, qui est la référence équestre du moment. Il a donc fait son choix et va travailler d’arrache pied pour finir ses études à distance afin d’obtenir un BTS de Gestion-Comptabilité ! Il va se former en allant travailler dans différentes grandes écuries.

Cet exemple montre bien qu’un cavalier très doué et très travailleur peur arriver à percer. Le jeune Alexis Deroubaix en est encore un exemple.
MAIS il faut avoir des qualités intrinsèques, beaucoup travailler et avoir un minimum de chance.

De nombreux cavaliers professionnels ne sont pas uniquement cavaliers

cavalier de cso
Source : Pixabay

Un cavalier professionnel, à moins d’être le cavalier maison d’un élevage (employé pour former et valoriser les chevaux d’un structure), est bien plus qu’un cavalier.

Un véritable chef d’entreprise

cavalier professionnel
Source : Clément Bucco-Lechat pour Commons Wikimedia

De nombreux cavaliers sont indépendants et possèdent leur propre écurie. Ils sont donc aux commandes de leur écurie et doivent être de très bons gestionnaires.

Ils doivent aussi gérer au mieux leur temps afin d’assumer la masse considérable de travail que suppose la gestion d’une structure hippique.

Ce sont des investisseurs, vu la taille et l’investissement que nécessitent des structures adaptées au sport, à eux de les rentabiliser au mieux !

Pour les très grands cavaliers ils doivent également gérer les relations avec leurs sponsors, leurs sélections en équipe national …

Et il y a les gains aussi, pour les meilleurs ce sont les propriétaires du cheval qui payent les engagements et les gains sont divisés entre eux et le cavalier. Il y a de belles sommes en jeu ! Plus les barres montent en cso par exemple plus les gains montent. Donc la négociation avec les propriétaires par exemple ici peut être très importante ! Hé oui, les gains peuvent être une source de revenu non négligeable.

La gestion de la clientèle prend également du temps mais elle est primordiale.
Si le cavalier assure une prestation de pension au sein de ses écuries il doit gérer les propriétaires au quotidien, répondre à leurs attentes…

S’ils sont propriétaires d’un centre équestre ils ont souvent un moniteur qui assure la majorité des cours, mais ils doivent donc gérer leurs employés, le recrutement… Ils sont donc aussi directeur en ressources humaines (DRH) !
Hé oui, un cavalier professionnel est encore plus multi-tâche qu’un couteau suisse !

Un cavalier professionnel également marchand

vente cheval très haut niveau
source : Eponimm pour Commons Wikimedia

La vente des chevaux est également très importante pour la majorité des cavaliers professionnels.
A eux d’acheter de bons jeunes chevaux par exemple, afin de les valoriser et de les revendre correctement par la suite afin que ce soit rentable par exemple.

Ils peuvent toucher une commission sur la vente d’un cheval qu’ils ont au travail, donc il leur revient de préparer correctement les essais afin de vendre le cheval au meilleur prix et dans les meilleures conditions.

Pour les très bons cavaliers il y a toujours un dilemme. Lorsqu’ils ont un cheval de très bon niveau ils doivent décider de le garder pour faire de gros concours, ou de le vendre lorsque sa valeur est au maximum avant qu’elle ne redescende. On peut citer le cas de Michel Robert qui avait vendu son excellente jument Kellemoi de Pepita en décembre 2011 au Qatar en vu des Jeux Olympiques de Londres. Il s’est privé d’une super monture de haut niveau, mais la valeur de la jument était au plus haut à ce moment.

Le cavalier professionnel doit arbitrer des choix entre sa carrière sportive et la rentabilité économique de son activité professionnelle.

De nombreux cavaliers professionnels sont aussi des enseignants

cavalier de cross
Source : Pxhere 

On peut parler par exemple de Maxime LIVIO, cavalier de concours complet de très haut niveau, il est également entraîneur de l’équipe thaïlandaise de complet. Il forme aussi de nombreux jeunes cavaliers destinés au haut niveau.

Même sans parler de cavaliers internationaux, de très nombreux cavaliers professionnels sont également moniteurs. Qu’ils aient un BPJEPS ou mieux un DESJEPS (pour former des moniteurs) ils se déplacent pour des stages ou donnent des cours sur leurs propre structure par exemple.

L’enseignement s’ajoute donc à leurs obligations de cavalier professionnel.

Voilà ce qu’on peut vous dire sur le métier de cavalier professionnel. Si c’est le rêve de nombreux cavaliers et que c’est un métier magnifique, de nombreux cavaliers n’y arriveront pas. C’est une carrière dans laquelle on ne doit pas compter ses heures ni ses efforts !

Crédit photo à la une : Les pies de Morinda (Ulyss Morinda) et Rik Hemeryck

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