Races de chevaux : le Mustang

Dans le monde équestre, le cheval mustang est un symbole puissant. Il incarne la liberté, la fierté et l’indomptabilité. Mais avec toutes les histoires qui entourent le mythe du mustang, difficile de s’y retrouver. On a donc décidé de vous livrer la vraie version du cheval mustang. Celle que tous les cavaliers devraient connaître. 

 

 Un peu d’histoire

C’est là qu’arrivent les premiers désaccords des historiens. Car on avance plusieurs dates d’apparition du cheval mustang.

histoire du mustang
Source : Pxhere

Certains placent l’arrivée du mustang en 1518, et d’autres au début du 17ème siècle. Ce qui fait quand-même un bon siècle d’écart. Alors qui croire ? Quoi qu’il en soit, il y a une chose sur laquelle tout le monde s’accorde : le pays d’origine des chevaux mustang.

 

Ce fier destrier nous vient en effet d’Amérique du Nord. Du Nouveau Mexique vraisemblablement. A l’époque, ce sont les Conquistadors qui auraient amené des étalons d’origine majoritairement espagnole, mais aussi arabe.

 

Et là encore, deux écoles s’affrontent. D’un côté, on pense que les mustang sont en fait des chevaux d’élevage, que les propriétaires de ranchs relâchaient pendant l’hiver pour ne pas avoir à les nourrir. Les chevaux trop faibles ou en mauvaise santé auraient pu également subir ce traitement. Les éleveurs récupéraient ensuite ceux qui avaient survécu à la fin de l’hiver.

 

De l’autre côté, les chevaux mustang seraient en fait des chevaux issus d’élevages des grandes plaines, qui s’échappaient ou étaient volés.

 

Force est de constater que ces deux théories se tiennent. Et elles ont un point commun. C’est que pendant leurs petites escapades, ces chevaux d’élevage se reproduisaient naturellement. C’est comme ça que le cheval mustang serait né.

 

D’où vient le nom du cheval mustang ?

Quant au nom de mustang, il serait dérivé de l’espagnol. A l’époque, les chevaux qui s’échappaient étaient appelés “mostengos”, lui-même dérivé de l’espagnol “mostrenco”, qui veut dire “sans propriétaire”. Les abus de langage habituels auraient ensuite conduit au nom de cheval mustang.

 

Par la suite, la race mustang s’est énormément développée. Non seulement par la reproduction naturelle, mais aussi par le biais des Indiens d’Amérique. Ces derniers, ayant flairé le potentiel du cheval mustang, se sont appropriés la race à  leur propre profit. Ils utilisent le mustang comme cheval de selle, afin de pouvoir se déplacer plus rapidement.

cheval mustang indien
Source : Pxhere

Mais c’est le système de troc de chevaux qui va permettre à la race de s’étendre à tout le continent Nord Américain. Aux alentours de 1900, on estime en effet la population de chevaux mustang à plus d’un million. Certains avancent même le chiffre astronomique de 7 millions !

 

Malheureusement, la race mustang va rapidement décliner. Jusqu’à devenir une espèce menacée dans les années 1970. Aujourd’hui, on estime la population de chevaux mustang entre 30 000 et 100 000. Un bien maigre bilan, quand on pense à l’âge d’or qu’a connu le cheval mustang.

 

Il faut dire que le traitement des mustang fait depuis très longtemps l’objet d’une controverse.

 

Controverse autour du mustang

Comme on vient de le voir, la population de mustang a très fortement décliné au cours des deux derniers siècles. La raison ? La controverse autour de leur présence sur les terres des fermiers.

 

Ces derniers accusent en effet les troupeaux de chevaux mustang de voler le fourrage destiné à leurs bêtes. Le bétail, n’ayant plus rien à manger à cause de la concurrence avec les mustangs, déclinerait donc rapidement. Ce qui représente un sérieux manque à gagner pour les éleveurs, dont beaucoup d’entre eux souhaitent réguler la population de mustang par la chasse.

régulation des mustang
Source : Pixabay

 

Petit hic : le cheval mustang est une espèce protégée. A ce titre, il est interdit de l’empoisonner, de l’abattre, ou de le déplacer des terrains protégés où il vit. Ce qui n’empêche malheureusement pas certains fermiers de se faire justice eux-mêmes…

 

Une régulation qui fait débat

Cependant, pour essayer de contenter tout le monde, le gouvernement des Etats-Unis a décidé de mettre en place un programme de capture du cheval mustang. Entré en vigueur en 2004, il est destiné à réguler la population de mustang autour des terres des éleveurs, afin d’éviter que le bétail ne souffre du manque de nourriture.

 

Dans le cadre de ce programme, l’abattage des chevaux mustang peut être autorisé, mais sous de strictes conditions. Déjà, les chevaux concernés doivent être âgés de plus de 10 ans. En outre, un cheval mustang de plus de 10 ans ne peut être abattu que s’il n’a toujours pas trouvé preneur après trois présentations. Pendant ce temps, il doit être maintenu en vie dans de bonnes conditions par celui qui l’a capturé.

 

Par ailleurs, cette politique de régulation n’est pas la seule à susciter le débat autour du cheval mustang. La grande question qui se pose aujourd’hui est la suivante : le mustang est-il un cheval sauvage ou pas ?

 

Le cheval mustang : sauvage ou pas sauvage ?

C’est LA question qui est sur toutes les lèvres. Qu’on soit cavalier ou pas d’ailleurs. Le cheval mustang est-il un cheval sauvage ?

 

Beaucoup considèrent le mustang comme le dernier cheval sauvage vivant sur notre belle planète. Mais qu’appelle-t-on cheval sauvage ?

 

Par opposition au cheval domestique, un cheval sauvage est un animal qui vit en totale liberté, sans contact avec l’homme, ou très restreint tout du moins. Bien évidemment, un cheval sauvage n’est pas débourré, il n’est donc pas montable. Par ailleurs, étant donné l’absence de contact avec l’être humain, la reproduction du cheval sauvage n’est pas ou peu régulée.

troupeau de mustang sauvages
Source : Pixabay

 

Revenons à nos mustangs. Au vu de cette définition, que doit-on penser du cheval mustang ? En théorie, il s’agirait donc bien d’un cheval sauvage. Puisqu’il vit en troupeau, normalement loin de l’homme, et qu’il n’est pas monté.

 

Mais en pratique, c’est une autre histoire. Déjà, parce que certains chevaux mustangs se rapprochent volontairement des élevages pour profiter du fourrage du bétail, et manger et boire aux frais de la princesse.

 

Et d’autre part, de nombreux chevaux de race mustang sont en réalité domestiqués. Certains ranchs les utilisent en effet pour trier le bétail ou faire de la balade. Dans ce cadre-là, on ne peut donc plus parler de cheval sauvage.

 

Certains spécialistes vont même plus loin, en disant qu’aujourd’hui il n’existe plus aucun cheval sauvage sur terre. C’est un constat qui reste malgré tout difficile à vérifier, étant donné que la population de chevaux mustangs est disséminée sur tout le territoire américain.

 

Mais sauvage ou pas, le cheval mustang n’en reste pas moins une race très rustique.

 

Une race rustique

La rusticité du cheval mustang s’explique par son passé très solitaire. On a vu en effet que ces chevaux étaient livrés à eux-mêmes dans les grandes plaines, de leur propre chef ou pas.

 

Ils ont donc du s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie. La bonne nouvelle, c’est que le cheval mustang est principalement de sang espagnol, avec un peu d’arabe et de barbe. Que des races de chevaux habituées aux températures assez extrêmes.

robe cheval mustang
Source : Pixabay

 

Le cheval mustang a un très bon pied, car il est habitué aux variations de terrains et aux chemins escarpés. C’est un cheval plutôt petit, qui ne dépasse que rarement le mètre 60 au garrot. Il est également assez trapu.

 

Sa morphologie de poche lui permet de se glisser partout, mais ça n’en fait pas moins un cheval très brave et vigoureux.

 

Côté robes, on a de tout. La reproduction naturelle du mustang a provoqué un panachage des gènes, qui donne à la race son caractère très éclectique. En revanche, les crins sont le plus souvent noirs, tout comme les sabots. C’est un marqueur principal de la race mustang.

 

Une vie sauvage difficile

La plupart des gens ont en tête une image idyllique du cheval mustang. Cette race est en effet perçue comme fière et indomptable, au caractère indépendant et libre. Et c’est d’ailleurs cette image qui est véhiculée dans la culture populaire.

 

Mais malheureusement, la vie de mustang est loin d’être aussi rose. Car en réalité, les chevaux mustang vivent en troupeaux d’une quinzaine de membres. Et chaque troupeau est dominé par un seul étalon, qui a la mainmise sur tout le harem de juments.

 

Quand ils atteignent l’âge de trois ans, les jeunes mustang sont chassés sans aucun scrupule du troupeau par le mâle alpha. S’ils veulent rester, ils doivent l’affronter pour avoir une chance de récupérer le harem. Et s’ils n’y parviennent pas, commence alors une vie d’errance.

étalon mustang
Source : Larry Lamsa pour Flickr

Le cheval mustang chassé du troupeau est condamné à vivre seul. En tout cas, tant qu’il ne montre pas assez de force pour vaincre le mâle alpha. On pense que ce sont ces chevaux qui viennent profiter de la nourriture du bétail.

 

Il existe d’ailleurs des programmes de protection privés de ces chevaux en marge. Ce sont des indépendants qui viennent récupérer les mustang chassés, pour leur offrir une vie la plus sauvage possible. En adéquation avec celle qu’ils devraient avoir dans la nature, mais sans les inconvénients liés à ces problèmes de domination.

 

Quant aux juments, elles sont gérées par la jument de tête, qui est la plus âgée. C’est également elle qui gère les déplacements du troupeau. Car le mustang est un cheval nomade, qui parcourt chaque jour de nombreux kilomètres pour trouver à manger.

 

Mais n’allez pas croire que les femelles ont la vie plus facile que les mâles ! Elles sont en effet chassées du troupeau dès leurs premières chaleurs, et doivent rejoindre le troupeau d’un autre étalon. Mais si cette pratique peut paraître cruelle aux yeux de l’être humain, il faut savoir qu’elle évite les problèmes liés à la consanguinité. Comme quoi, la nature n’est pas si mal faite…

reproduction cheval mustang
Source : Pixabay

 

Le cheval mustang dans la culture populaire

C’est le moment de ressortir vos plus vieilles références culturelles ! Et ce n’est pas ce qui manque. Le mustang est en effet très présent dans la littérature, qui aura largement contribué à lui donner cette image de cheval fier et indépendant.

 

Une littérature très inspirée

On peut dire que le cheval mustang aura bien inspiré les auteurs. Et il y en a deux que les cavaliers, petits et grands, connaissent bien.

 

Yakari

Yakari et Petit Tonnerre
Source : Stefflater pour Wikimedia Commons

 

Quand on parle de cheval mustang, on pense bien sûr tout de suite à Petit Tonnerre. Quel cavalier ne connaît pas l’histoire de ce petit mustang pie, aussi courageux qu’entêté ? C’est le meilleur ami de Yakari, un petit indien qui parle aux animaux. Ce duo de choc est le héros de la série de bandes dessinées du même nom, qui a depuis été adaptée en dessin animé.

 

Ceux qui souhaitent se replonger dans leurs aventures peuvent acheter le tome 1 ici, pour 10,95 euros.

 

Mon amie Flicka

Ici, on ne parle plus d’une bande dessinée mais d’un roman. Un roman pour enfants, écrit par Mary O’Hara et paru en 1941. Ce roman conte les aventures de Ken, un jeune garçon très dissipé qui ne rêve que d’une chose : posséder son propre cheval.

 

Un jour, alors qu’il se promène avec son père qui a enfin accepté de réaliser son rêve, il tombe amoureux d’une petite pouliche mustang qu’il baptise Flicka. Mais alors qu’il la ramène chez lui, la pauvre petite pouliche, privée de son troupeau, se laisse dépérir.

 

Et ce qui devait arriver arriva : Flicka se blesse grièvement en sautant les barbelés lors d’une tentative d’évasion. Dévasté, Ken va alors tout tenter pour gagner sa confiance et lui redonner le goût de vivre.

 

Grand carton littéraire de son époque, Mon amie Flicka a bien sûr fait l’objet de plusieurs adaptations télévisuelles et cinématographiques.

 

Le livre est disponible ici pour 8,70 euros.

 

Le mustang à l’honneur au cinéma

Le cinéma n’est pas en reste quand il s’agit de rendre hommage au cheval mustang. Et là encore, deux histoires sortent du lot.

 

Spirit, l’étalon des plaines

Impossible de parler du mustang sans évoquer Spirit, le fameux étalon des plaines. L’histoire de ce petit cheval mustang un brin trop curieux a de quoi fendre le coeur. Mais heureusement, elle finit bien. Sorti en 2002, le film d’animation raconte l’histoire de Spirit, un étalon chef de troupeau pendant la conquête de l’Ouest.

 

Têtu mais brave, Spirit a toutefois un défaut : il est très curieux. Et c’est ce qui lui vaudra de se faire capturer, un jour où il s’aventure loin de son troupeau, attiré par le feu d’une colonie humaine.

Spirit l'étalon des plaines
Source : Lulu Sunset pour Flickr

 

Dans le même temps, un jeune indien prénommé Petit Nuage se fait capturer par le même groupe. Alors que Spirit, indomptable, est sur le point d’être abattu, le jeune indien parvient à le libérer et s’enfuit sur son dos. Commence alors une longue histoire d’amitié entre ces deux êtres épris d’indépendance.

 

Et en guise de happy end qui nous tire les larmes, Petit Nuage finit par rendre sa liberté à Spirit, qui part à l’aventure accompagnée de sa chérie Rivière.

 

Véritable carton, le film a depuis été adapté au format série animée, mais aussi en jeu vidéo.

 

Un grand classique à voir et à revoir sans modération, pour 7 euros ici.

 

Hidalgo

N’importe quel cavalier qui se respecte a déjà vu Hidalgo au moins dix fois. Si ce n’est pas votre cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire pendant votre prochain week-end…

 

Hidalgo, c’est l’histoire supposément vraie de Franck Hopkins, un cow-boy messager de la cavalerie américaine au XIX° siècle. Considéré comme le meilleur cavalier par ses pairs, il va alors entreprendre de défier les plus grands cavaliers arabes lors de l’Océan de Feu.

 

Il s’agit d’une course d’endurance de 5000 km en plein désert rouge d’Arabie. Ayant entendu parler de l’histoire de ce cow-boy et de son cheval mustang, un cheikh décide d’inviter le duo à se mesurer aux bédouins lors de cette course.

 

Mais un américain qui s’invite au milieu d’une course d’endurance jusqu’alors réservée aux chevaux arabes, ce n’est pas très bien vu. Hopkins et Hidalgo vont donc devoir déjouer des tentatives de sabotage en cascade, en plus des conditions de survie extrêmes de la course.

 

Cette histoire a suscité une controverse quant à sa véracité. La course en question n’aurait en effet jamais existé. Mais au fond, ce qui compte, c’est bel et bien le courage et la vaillance de ce brave cheval mustang !

 

Le film est disponible ici pour 12 euros.

 

Voilà, en gros, ce que vous devez savoir sur le cheval mustang. Et si vous voulez en savoir plus, sachez qu’il existe de nombreuses associations de protection du cheval mustang aux Etats-Unis. Vous pouvez notamment leur faire des dons, afin d’apporter votre pierre à l’édifice. 

 

Source photo à la une : Pixabay

Marine Martinez

Marine Martinez

Esclave en chef bientôt à la retraite