Les 5 chevaux de course français les plus rentables

Joseph Lambert
Joseph Lambert
Boss du game, tortionnaire de rédacteurs

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Dans le monde équestre, les courses ont depuis plusieurs siècles eu un impact colossal. Que cela concerne le folklore, ou bien des considérations plutôt financières, les courses intéressent toutes les strates de la société… Comment expliquer ce phénomène ? Mais surtout, quels chevaux ont brillé sur les champs de courses et rapporté le plus d’argent aux parieurs ? À suivre, petit focus sur les chevaux de courses les plus rentables.

Origines des courses équestres

Ce sont les courses de galop qui ont marqué le départ de la discipline en France. Arrivées d’Angleterre à la fin du 18ème siècle, c’est en 1775 que se tint la première course de Galop en métropole. La première course de trot quant à elle, se déroula en 1836 dans notre cher pays, terre de cheval.

Une certaine rivalité a opposé le monde du galop et celui du trot dès l’apparition des courses. À titre d’anecdote, les courses de galop rassemblaient des spectateurs huppés et parfois extrêmement fortunés. Le trot, considéré peut-être comme moins prestigieux, passionnait une population plus modeste.

Les jockeys en courses de galop étaient érigés sur des piédestaux, et recevaient moult honneurs lors de chaque victoire. Leur notoriété s’élevait aussi haut, sinon davantage, que celle de leurs montures.

Le trot à l’inverse, permettait aux chevaux de recevoir couronnes de lauriers et gratitude proportionnelles à leurs performances !

D’aucuns, à l’époque, qualifiaient les gens des courses de trot de « trotteux » et de « bouseux campagnards ». Site officiel ici

 

Quelques chiffres au sujet des courses aujourd’hui

Domaine plus que rentable (on parle ici de plusieurs milliards d’euros !), les courses équestres constituent un univers à part entière.

Les paris génèrent des sommes astronomiques, et concourent à la bonne marche de la filière. Éleveurs, entraineurs, propriétaires, jockeys, infrastructures diverses… Tous ces acteurs vivent grâce aux courses et l’organisation intrinsèque de ce volet équestre tourne formidablement bien.

Plusieurs dizaines de milliers de chevaux (environ 30 000) participent aux presque 20 000 courses annuelles en France (source équipédia, IFCE). Le trot regroupe 11 000 courses chaque année, et fait donc sensiblement plus d’adeptes qu’en courses de galop (51% en trot). Il y a notamment plus de propriétaires de chevaux de courses de trot que de chevaux de galop (plat et obstacles).

Les entraineurs sont pour leur part au nombre de 3 000, ils gèrent le quotidien sportif des chevaux et choisissent les manifestations où il est pertinent de se rendre. Les décisions relatives à l’orientation de carrière de chaque cheval, se prennent néanmoins collégialement. Les propriétaires et entraîneurs construisent ensemble l’emploi du temps (de ministre !) de ces chevaux de courses.

En somme, les courses, c’est une manne financière. Or, cette manne ne peut fonctionner qu’à condition que les chevaux soient performants et réguliers.

Quels sont les chevaux les plus rentables dans le monde des courses du trot attelé ?

Pour ne pas céder à la dispersion, nous allons nous concentrer ici sur les trotteurs. Ce sont les chevaux dont la carrière est statistiquement la plus longue. Cela est d’autant plus vrai que certains d’entre eux font la reproduction en même temps qu’ils courent, puis après leur carrière sportive.

L’un des trotteurs les plus remarquables, mais surtout celui qui a marqué anciennes et plus jeunes générations de passionnés : Ready Cash.

Né en 2005 en Mayenne, Ready Cash fut probablement le trotteur sur lequel il aura fait bon parier. Dès ses plus jeunes années, il n’aura cessé de comptabiliser les victoires sur les hippodromes les plus prestigieux. À titre d’illustration : 15 victoires sur 17 sorties pour Ready Cash, entre ses 2 et ses 4 ans. En 2011, ce cheval presque hors normes, s’empara de la victoire lors du Grand Prix d’Amérique mais aussi du Grand Prix de France. Malheureusement arrivé second de même grand prix, en 2013, et après un come back loupé en 2014, il fut mis à la retraite en tant qu’athlète, mais il a pu brillamment se consacrer à sa carrière de reproducteur. Presque 4 300 000 € de gains pour Ready Cash, ça laisse pantois…

Plus âgé, et mort en 2013, Ourasi. Né en 1980 en Normandie, Ourasi fut l’un des trotteurs les plus passionnants ! Plus ou moins régulier en courses jusqu’à 4 ans, l’alezan brûlé gagna son premier Prix d’Amérique à 6 ans. Cette sixième année lui permit de s’octroyer toutes les victoires lors de chaque course courue ! Concrètement : 22 victoires consécutives pour Ourasi entre ses 6 et ses 7 ans. Palmarès plus qu’honorable pour ce cheval, car les gains en courses d’Ourasi s’élèvent à plus de 5 135 000 €. L’artiste est d’ailleurs sorti par la grand porte, car il remporta sa toute dernière course à l’âge de 10 ans… Dernière course qui n’était autre que le Prix d’Amérique !

Petit clin d’œil (et pas des moindres) à l’attention de Ready Cash : l’un de ses fils, Face Time Bourbon, semble être un petit génie du trot attelé. À tout juste 6 ans, ce fils de l’inénarrable Ready Cash voit le montant de ses gains s’élever à presque 3 000 000 d’euros (2 994 940 € !!!). Performant chaque année lors de ses sorties, ce petit prodige S’est adjugé par deux fois la victoire au Prix d’Amérique, plusieurs Critérium (3 et 5 ans), le Prix de l’étoile, le Prix de France, et trois prix de sélection (2019, 2020, 2021) ! Et ce, sans compter les courses à l’étranger… Face Time Bourbon, un trotteur à qui l’on souhaite encore de belles victoires, car à 6 ans, il est à espérer que son palmarès s’étoffe encore !

Toujours dans la lignée de Ready Cash, on ne peut que constater la qualité de sa descendance. Bold Eagle, demi frère de Face Time Bourbon, a été si régulier et si « rentable », qu’il a même un prix à son nom, le Prix Bold Eagle à Vincennes, chaque année. Fort de plus de 5 000 000 d’euros de gains en courses, Bold Eagle aura compilé les succès, malgré une période (2017-2018) un poil moins faste que d’ordinaire. L’année 2020 sonne alors le glas de la fin pour Bold Eagle, mais l’aura et le brio de ce cheval marqueront à jamais l’histoire du trot français.

Et parce que les juments ont aussi marqué le monde des courses de trot, n’oublions pas de rendre hommage à la célèbre Une de Mai. 74 fois victorieuse, cette jument née en Vendée en 1964, et cagneuse de surcroît (!), ne laissait pas présager une carrière aussi redoutable… Durant 10 ans, elle aura gagné et gagné et encore gagné, sans pour autant remporter le Prix d’Amérique. Totalisant plus de 7 110 000 € de gains, cette courageuse alezane n’aura donné naissance qu’une seule et unique pouliche.

 

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